
La maison de l' amitié
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| | Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire | |
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| Auteur | Message |
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Bluma Petit(e) Pipelet(te)


   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Dim 20 Juil 2008 - 19:27 | |
| Avant de poster le moindre message sur ce topic que je viens d'ouvrir, je fais une demande à chacun de vous. Respectez cet endroit. Certains me connaissent, d'autres apprendront à me connaître, je délire facilement mais là, je tiens au respect de cet espace en mémoire de mon petit Paul. Si vous voulez poster des poèmes qui ne vous appartiennent pas, je vous demanderai de mettre le nom de l'auteur. Merci à vous tous.
Deux photos de petit Paul que j'aime bien pour ouvrir cet espace.
 Il aimait le manège et je me faisais toujours avoir
 Prêt à faire une bêtise _________________

L'amour est la goutte d'eau qui redonne la force à une fleur flétrie de se relever. |
|  | | Bluma Petit(e) Pipelet(te)


   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Dim 20 Juil 2008 - 19:56 | |
| Le premier écrit est déjà sur le forum, j'avais demandé à notre mamouna de le poster pour moi avant de partir pour Dubaï mais je veux qu'il inaugure cet espace pour mon Babinou
Paul, mon babinou C'était un 8 juin…un magnifique début de soirée encore doux. Cette soirée où un conducteur ivre t’a enlevé la vie. Comment réagir devant cette imminente réalité qui vous arrive comme un déluge ? Comme une tempête à laquelle on ne s'est pas préparée ? Des pleurs, des rires, des tremblements, des sueurs froides qui se veulent un langage bien différent dans cette dimension qu'est la mort. Un monde complètement hors de notre monde, l'instant de dire adieu. Quelques heures devenues un instant, un moment si intense, si douloureux que l'on doit vivre au maximum, parce qu’il ne reviendra plus jamais, non jamais. Une mince consolation m'atteint à peine, il n'aura pas à subir des semaines de martyr. Sous le choc de cet accident, dans un état comateux, mon corps et mon esprit hurlent d'avoir mal. Mais ce n'est rien devant ce que Paul subit en silence. Ce n'est rien devant cette misère de le voir partir si tôt. L'histoire ne se déroule pas dans le bon ordre. Même pas le temps d'avoir cette rage folle contre Dieu, contre les hommes, contre ce chauffard hébété qui vient de faucher sur le trottoir, Marianne, Manon et Paul, contre nous-mêmes, juste le temps d'expédier tout l'amour d'une vie par courrier express. Savourer la chance de pouvoir tenir mon fils une dernière fois contre mon coeur, de regarder ses traits et de supplier ma mémoire de les garder intacts à jamais, de garder cette douce odeur pour les jours où aucune de mes respirations ne m’oxygénera plus. Lui dire des mots qu'il entend encore, j'en suis sûre, des mots qui voudront dire toujours, mon petit amour, juste des souvenirs de velours. L'envie de prélever un infime morceau de sa personne, une mèche de cheveux. Mais non, je ne peux pas, laissons-lui sa dignité. On ne peut rien garder, sinon, cette blancheur translucide de sa peau, ce sourire, cette expression de paix, ce halo de lumière autour de nous, je venais de l'accompagner vers la lumière. Je t’ai recouché sur le brancard, où le soleil brillait à tout jamais pour toi maintenant. Et Paul va dorénavant m'accompagner toute ma vie durant vers ma lumière à moi, celle de l'amour infini, de l'amour de la vie…
Paul : 22 juin 2006 – 8 juin 2008 Marianne : 1er mars 1982 – 8 juin 2008 Manon : 4 juillet 2006 – 8 juin 2008
Tristesse Je n’ai jamais fini d’égrener mes premières fois sans toi. Je voudrais retrouver la couleur et le goût des choses, fuir les trops longues nuits où tout l’espoir du monde ne sait plus retenir l’oubli de ton visage, les matins de révolte quand le cœur désarmé, infidèle mémoire, pleure ta mort. Comme en réminiscence d’un passé sans mémoire ou la prémonition d’un futur sans départ, comme l’ébauche effleurée d’un présent sans histoire, je me suis approchée de moi. J’ai vu Des yeux qui regardaient le bleu du ciel, Et le vert du printemps et la cime d’un arbre, Et qui ne savaient plus que le beau est beau. J’ai vu Des lèvres où le cœur laissait naître un sourire, Et qui pouvaient dire « j’aime » ou « c’est bon », Mais qui ne savaient plus ni l’amour ni la joie. J’ai rencontré Mon âme funambule au fil de la rupture, J’attendais, j’allais ouvrir les yeux, Je pousserais la porte. J’ai croisé Une étoile filante, toute mon impatience, Tu serais là, à mes pieds tu déposerais l’attente Et tu libérerais le souffle qui me manque. Mais qu’ai-je donc à attendre ? C’est toi qui m’attend. Tu m’as mise en marche en mes renoncements, mes passages quotidiens pour quitter ce monde, m’arracher en blessures à la douceur des choses et m’ouvrir dans les larmes à la douceur du ciel. Tu m’as devancé et tu est devenu la Route. A moi de poursuivre le voyage. En marche, chaque pas me rapproche de toi, mon babinou. Tu es là. Et tu ouvres mes yeux au regard de l’âme, tu éveilles mon oreille au chant du monde intérieur et tu donnes à mes mains d’effleurer l’impalpable. Je sais tous ces chemins en leurs aspérités, lutte à reprendre chaque matin, tous les pas de la veille sont à reconquérir, tous les progrès d’un jour sont à réinventer. Mais tu me guides. Tous les gestes dont je ponctuais mon amour pour toi sont devenus signes du cœur. Mais je sais que jamais je ne pourrais métamorphoser en force vive ton absence, ce désert informe et stérile, ce néant sans fond. Pourtant, je sens ta présence au plus profond de ma nuit, Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais engendrée de ma vie en errance, Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais révélé à mon cœur qui l’accueille, Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais en partance bien au devant de moi Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais dans mon cœur malheureux. (Graziella) _________________

L'amour est la goutte d'eau qui redonne la force à une fleur flétrie de se relever.
Dernière édition par Bluma le Dim 20 Juil 2008 - 21:39, édité 1 fois |
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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Dim 20 Juil 2008 - 21:08 | |
| Epaule de plomb Paume légère,
Comme si j'avais porté ton cercueil et caressé ton corps de cendre.
Une nuit de chacals aux yeux rouges Couvre la source de mes nuits.
Tu me condamnes à n'être plus Que par défi, indomptable
Dis-tu, irréductible et pure, Mais sans rien à maudire. (Graziella)
A l'infini Là-haut, tu es. Là-haut quoi qu'il advienne, Bébé-soleil d'un miracle à jamais Que rien ne sépare de la pure lumière ni du souffle ascendant de mon amour pour toi.
A une autre altitude. Tu es là, hors d'atteinte, hors du monde où meurent les corps. Tu danses sur l'horizon que je porte en moi pour abolir l'espace et le temps. Tu vis à l'infini. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Dim 20 Juil 2008 - 21:23 | |
| La lumière qui me blesse n'est que l'ombre de toi Quelque tendresse que j'y mette, et même une fervente douceur, je me heurte sans cesse à ta présence désincarnée, à ta présence qui force les prodiges, déchaîne les images, multiplie les éclats. Comment croire que tu me guettes, que tu m'escortes, que tu te joues d'un réel qui sans toi serait moins qu'une chimère ? Comment céder à ce miracle de toi qui peuple les rues de tournesols, pose un papillon sur mon épaule et fait merveille à contre-mort ?
J'écris dans ce désert de toi qui ne peut se traverser. Il est sans oasis, sans horizon, et la terre et le ciel semblent un seul brouillard de sable. J'avance là, aux aguets, en incrédule qui ne sait comment, sans déraisonner, surprendre, recenser, déchiffrer message sur message. J'avance là, mains ouvertes, en aveugle qui ne sait comment accueillir les visions et les signes.
Dans l'extatique présent qui se tient devant moi, sans reculer jamais, je capte ce qui me déporte, protège ce qui laisse mon esprit à l'abandon mais réussit étrangement à m'éclaircir le coeur. Je participe à cette ronde effarée qui contredit les équilibres passés et les convictions arrimées. Que ton rire dérègle un peu, beaucoup, passionnément la mécanique des sphères, l'ordre des saisons, les moeurs des poissons-lunes, comment cela n'est-il pas encore manifeste ni scientifiquement prouvé ? Et que ton départ a ouvert, à échelle humaine, une interminable ère glaciaire ? (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Lun 21 Juil 2008 - 14:08 | |
| Entre visions et reflets Ombre où mes mains nues Cherchent tous tes reflets (Paul Eluard)
Entre visions et reflets, mon petit amour, Je prends l'empreinte de tes yeux, le cristal de ton corps jeté dans la lumière. Je pars nous mettre à l'abri de ce temps.
Où cacher un miracle qui ressemble à un meurtre, Une beauté sauvage qui a changé le signe de la liberté en sombre sauvagerie ? Où renaître au bleu fou qui dit l'éternité ?
Il y a je le sais, des traces sur le vide, Des blessures qui dessinent le chaos de mon coeur. Je suis au Labyrinthe où je me suis perdue En rêvant de me perdre sans retour avec toi.
Il y a je le sens, un double du royaume Dont on ne revient plus tout à fait mort, Tout à fait seul ni tout à fait vivant, Un miroir aveuglant que tu enlaces en dérivant.
Je te veux dans mes bras comme au ciel, Je te veux à tous les échos essouflés, Je te veux à bout portant accordés, Je te veux avec moi dans un néant solaire.
Sous les sables parfois on caresse des roses, Des fougères qui furent fascinées par le vent Et des feuilles pareilles à de vieux talismans Que j'écoute me dire où mordre ta poussière.
Tu es partout dans le présent secret, Chaque instant te voit aux invisibles portes Car tu viens désormais du cinquième horizon Escorté en plein jour par un rayon de lune.
Et ton visage est aux creux de mes mains, Je le presse si fort sur mon propre visage Que je traverse monts et désastres, ruines et glaciers Jusqu'à toucher encore cette merveille de toi.
Entre visions et reflets, mon petit amour. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Mar 22 Juil 2008 - 13:44 | |
| Blasons
Il y a Un poinçon dans ta bouche Un envol dans tes yeux Un fauve dans tes cheveux Un soleil contre tes dents
Il y a Un nuage à ton cou Un lac sur tes épaules Des silex sous tes doigts Un signe sur ta poitrine.
Il y a Le rire de l'au-delà des peurs le rapt des fables oubliées Le défi d'un désordre à vif Le malheur d'un été foudroyé.
Il y a Des brassées d'étoiles dans mes bras Des poignées de rêves dans mes poings Des passages déroutés dans mes pas Des cris de douleur dans mon âme.
Je suis tendresse dépossédée Je suis fureur en jachère Je suis ce poète tout à toi
Et que tu n'entends pas Et qui ne s'entend plus avec sa voix Qui veut rendre gorge. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Mar 22 Juil 2008 - 16:03 | |
| Le brasier des limbes
Est-ce le monde Qui part en fumée Ou son fantôme ?
Il n'y a plus pierre sur pierre Ton petit corps contre moi Ni linceul de sable, Terre vannée à tous vents.
Qui s'ingénie A resssusciter le feu Alors qu'il ne me reste Que l'envers de la flamme ?
Le brasier des limbes Brûle maintenant du bitume Et du sang
L'eau ne dort plus Depuis que la source chante ses berceuses d'insomnie.
L'air pulse de la peur jusqu'au bivouac des âmes mortes.
La terre lave ses plaies Et ses monstres Sous une pluie de sel.
Le miroir est en feu Comme le labyrinthe des signes où je te cherche.
Au royaume des ombres On bat le tambour avec des larmes. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Mer 23 Juil 2008 - 14:37 | |
| Quand je te parle maintenant, à mi-chemin des murmures et des songes, je me demande en quelle langue j'improvise. A peine des mots, un sens qui passe entre deux sons comme deux eaux, suite sans repos, envoûtement sombre, continuum d'un chant brisé qui ne peut s'empêcher de chanter. Toujours paroles en deça des lèvres, vocalises du dedans, rumeurs où ta voix monte à l'assaut de la mienne seule. De cette voix égarée, démunie, aussi inutile qu'une mélopée de forçat.
Tu me pousses à fuir les angles morts de la planète et la complaisance des pleurs. Je te réponds que si je n'ai pas le goût des lamentations, j'entends me montrer digne de ce que je nomme la déploration de midi, afin de forger coûte que coûte une douleur verticale avec un peu de haut soleil. C'est évidemment à Garcia Lorca que je pense, à son Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias. J'en transmue de brèves séquences, et te rejoins en ce parler d'Andalousie avec lequel il m'arrivait de communiquer avec toi. Tardara macho tiempo en nacer, si no es milagro Un hombre tan clara, tan rica de aventuras. (De longtemps ne naîtra, si ce n'est par miracle, un homme si clair, si riche d'aventures.)
L'avenir Federico le neutralise simplement en plus tard, sans ignorer pourtant cette zone incertaine qui, mystérieusement, oblige : ce legs de presque rien que nous ferons à plus démuni que nous.. Car le futur, où sans être tu as toute la place, est devenu le roi-mendiant d'un apologue que je laisse sans morale. Regard éteint, tête haute, c'est ainsi qu'il va, marchant sur son ombre et suivant ton fanal. Debout par entêtement, debout sans plus se poser de questions, à la fois suzerain et vassal de l'éclipses où tu danses.
Avec toi pas le temps de fixer des vertiges. Ta vie si brève est une oeuvre-vertige et la mienne l'écho de l'arme qui t'a foudroyé. Je suis dans le sans-fin qui veut et qui ne veut pas finir. Dans l'harmonie qui veut et ne veut pas blesser. Dans le poème qui veut et qui ne veut pas crier. J'appartiens à chacun de mes instants avec toi, à chacun de mes gestes affectueux pour toi. J'appartiens aux strophes qui ont trouvé ton souffle et en un éclair m'ont pareil aux dieux. Comme Holderlin, je jure qu'il n'en fallait pas davantage. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Ven 25 Juil 2008 - 14:44 | |
| Menton
Si loin si proche Dans un envol de bitume Et de verre éclaté Par syncope du destin La vie entrevue et perdue. (Graziella)
Sable et cendre
Les jours dérivent, Mais ne peuvent rien Contre le refuge hors Du temps où tu es.
Les chiffres tombent Des calendriers, en ordre, Tic-tac mesuré de ce qui Reste sans mesure
Je vole chaque instant Grain à grain Au sablier, mes mains Se couvrent de cendres.
A l'épaule ce matin Le soleil me transperce. Je saigne de la lumière Depuis que tu m'es passé
Dans le sang. (Graziella)
Où aller
Plus de voyages avec toi, Je creuse ton départ Et le grand vide en moi qui tue l'éclat du vide.
Avec au coeur Cet accident qui saccage un à un les bivouacs de ma vie. (Graziella)
Prière sans objet
Nulle icône chez moi Pour écouter, grave et triste, A ma place.
Mais je vis de la même attente vaine Que cette femme qui implore Le retour d'un fils déjà tué par la tempête, Dans un poème de Cavafis.
Mais je vis de la même illusion Que cette figure peinte en rêve Et qui sait sans retour, Grave et triste, à ma place. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Sam 26 Juil 2008 - 20:05 | |
| Pour une nouvelle cantate
Tu es dans le temps arrêté Etoile immortelle De mon ciel qui se meurt. (Graziella)
Soudain
Bel enfant Intact Comme éternel
Tant que se lève Ton linceul de lumière. (Graziella)
A l'impossible
Là-bas (deux petits mots avec leur trait d'union entre les lignes de fuite) Comme un aimant qui attire la poussière de l'or du temps...
Là-bas (plus magique que le nom mêlé de songes d'une ville inconnue) Comme un appel impérieux qui n'appelle rien ni personne...
Là-bas (autant que possible sur les routes que j'invente pour m'en remettre à l'impossible) Avec toi mon Babinou. (Graziella)
Bleu
Allié de toujours le soleil me blesse. Trop porté au triomphe, trop glorieux. Il me jette dans un jour qui m'accable.
Je lève les yeux, m'accroche aux nuages qui glissent avec une sorte de tendresse. L'azur alentour n'est d'aucun secours. Je cherche jusqu'à me perdre ce que j'appelle ton petit coeur de ciel. (Graziella)
Coda
Vertige et danse Aux longs des nuits
Où est ton petit corps Qui se déchaine Avec le feu
Promesse peut-être Clouée au coeur De ta présence.
Je ne sais plus Si ça m'écorche Ou m'éblouit
Pour ma tendresse De loin risquée Jamais éteinte.
Aux longs des nuits Vertige et danse. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Mer 30 Juil 2008 - 15:34 | |
| Chaque jour je rends grâce à cet amour qui m'envahit, qui d'un même élan m'exile et me sauve. Rien ne lui échappe : aucun lieu, aucun être, aucun sentiment, aucun projet, aucune création. Prisonnière sur parole qui ne fait plus la part de la chance ni celle de la malédiction, j'explore une commotion féroce que je n'entends pas apprivoiser. Je garde la rage au coeur. Je vais sans doute, l'âme à l'envers.
Quand je ne pense pas à toi, je pense à toi. Quand je parle d'autre chose, je parle de toi. Quand je marche au hasard, j'avance vers toi. Je quitte les livres où tu n'entres pas. Je jette les poèmes qui ne trouvent pas tes lèvres. J'efface les tableaux qui n'attirent pas tes yeux. J'éteins les chansons qui n'éveillent pas ta voix.
Et que dire de la détresse qui me balaie en traître au seul mot d'accident dans un bulletin d'information ?
Fatalement, je transfigure tout ce que j'aime : les complaintes, les ballades, les mélodies. Je change les intrigues, imite les accents, maquille les décors, piège les répliques, congédie les héros. Jusqu'à improviser en des langues que je ne comprends pas, sur des scènes que je ne connais pas, sous un ciel qui n'existe pas. Que ça m'appartienne ou non, je t'offre ce qui a été créé de plus sublime, de plus sauvage, de plus magnifiquement accordé à ton image. Le jour de ta naissance, je t'ai dit : Tu es un enfant de partout, et tu es partout, et tu es toujours, et tu es mon petit amour. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Sam 2 Aoû 2008 - 12:48 | |
| En la saison d'absence
Il n'est pas de fleurs Pas de pierres Pas de ciels Où je t'ai cherché
Il n'est pas d'océans Pas de déserts Pas d'horizons Où je ne t'ai rêvé
Il n'est pas de ville Pas de cercles Pas de limbes Dont je ne t'ai délivré
Fils de l'éclair Et du temps balafré Tu signes avec du sable Les gouffres de mes nuits
Nous avons marché Si légers sur des ombres Qu'il reste à peine trace De nos pattes d'oiseau
La feuille Est une fenêtre close Qui chaque jour voit le jour Où monstrueusement tu n'es pas
Combien en ai-je écrit De ces versets du vide Qui chantent le néant Avant que tu y sois ?
A la croisée des mondes Je veux être qui sait Le guetteur de ton pas Où l'écho de ta voix
Dans le ciel ce qui passe Ne passe pas pour moi Le chemin des nuages blancs Ne monte que vers toi
Derrière les persiennes Tu ne dors ni ne veilles Tu t'effaces et je rôde En la saison d'absence
Sur le murs les entailles N'appellent nulle échappée Nulle remise de peine Je ne les compte pas
Chaque jour en silence Au couteau de l'aube Au poignard du midi Je redis que je t'aime
Chaque nuit désinvestie de sommeil et de songe Je jette à la trappe comme à la mer Des poèmes pour toi, mon Babinou
Etoiles et cendres mêlées Le tourbillon qui se lève Devient migration froide Tourmente de mes tourments
A mains nues je vais Protéger ce qui s'évade Escorter encore moins Que la buée de ton départ
C'est presque rien en vérité Une nuée d'éphémères Déjà noyées Au fond d'un puits
J'ai remis mon coeur en place Il n'y a pas de quoi supplier Je retournerais voir le lieu face à face Où l'avenir n'aura pas lieu
De partout naissent des signes Que faire de ces prophéties Qui n'enchantent que la chair D'une promesse saignée à blanc ?
Autour d'un éventail Un vol de papillons Une ronde innocente A force d'être cruelle
Soupirs et pleurs Spectres semés à la volée J'ai peuplé l'hébétude De tournesols qui n'existent pas
Par-delà l'espace et le temps Contre toute raison et tout sens il est plus de vingt vaisseaux ruinés Qui semblent en partance
Est-ce un regard ou une barque ? Qui peut voyager dans tes yeux ? Descendre un fleuve de terre en se croyant passager
Par-dela cet amour massacré J'invente un amour insensé Où il se peut que sans honte Je vive dans ta lumière. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Ven 15 Aoû 2008 - 9:37 | |
| Amour et Poésie
Tu es la voix Qui répond à ma voix, Sans elle aucun poème ne peux fasciner l'écho qui mèle mes pleurs à la poussière des siècles
Tu es celui Avec qui je vais Mot à mot accolé donner corps à notre chant, Prendre vie et mesurer La démesure inaltérable D'une magie mortelle Qui ne peut pas mourir. (Graziella) _________________

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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Ven 15 Aoû 2008 - 9:55 | |
| Je chante mon amour de l'autre rive Comme un troubadour dément Qui ne rend pas les armes au temps Ni sa raison au goût de vivre.
Il est des voix dans ma mémoire Jamais entendue jusqu'ici Avec l'intensité du cri perçant à jour toute l'histoire;
Mon enfant de l'amour extrême Qu'aucune mort ne sépare Tant que je te donnerai des poèmes...
Et je me refuse à ces lois Qui voudraient que se sépare Ton absence par l'oubli de toi. (Graziella)
J'ai le coeur dévasté, C'est l'hiver en été, le soleil Dans les glaces, mes lèvres qui ne peuvent plus te donner de bisous
Le noir jusqu'au fond du ciel Le noir jusqu'au fond de l'aube, Le noir jusqu'au fond de mes os, Le noir d'un oeil piétiné. (Graziella)
Rien n'est éloigné de nos songes, Rien n'est trop fort à nos désirs Rien ne peut faire que l'on renonce A ce qu'il y a d'absolu sous nos pas.
Tu es le dieu de mes emportements, Famine qui me dévore, tu es l'orgueil de cette course à jamais déroutée. Je veux mourir de mort violente. (Graziella)
Par son amour, je vis. Je sais qu'il ne s'est pas perdu Corps et biens dans l'oubli. Je sais Qu'il m'impose une autre vie.
Pas une éternité peut-être Mais une clarière dans le plein jour, Mais un destin à fleur d'étoile, Mais de la rosée sous les pierres.
Ce n'est pas croyance que tout ça, Juste un oracle à bouche humaine... Connaissez ma passion : Je n'ai jamais autant aimé un enfant. (Graziella) _________________

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Dernière édition par Bluma le Ven 15 Aoû 2008 - 10:10, édité 1 fois |
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   Age : 22 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 3054
 | Sujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire Ven 15 Aoû 2008 - 10:08 | |
| Je veux faire l'escalade au plus direct, sans messager ; et aller au sommet où tu es. Arriver dans l'axe du soleil de midi pour ne pas répudier mon ombre.
Monter lentement de saison en saison, Monter à l'assaut de plus que moi, Monter pour accomplir le pacte, Monter sans idée de retour.
Mon petit Paul Je tente loyalement l'impossible. (Graziella)
Je sais que c'est ta force Qui me jette vers le haut, Qui m'interdit de céder, Qui me souffle dans le coeur.
Les mots de mes poèmes sont des mantras de toi, des halètements qui me portent et qui te lient à l'inouï. (Graziella)
Quand, en un seul jour, tout se fracasse et se brise, Il faudrait trouver son élan dans la défaite Autant que dans la conquête. Il faudrait pouvoir Partir à la suite d'un nuage dans un ciel déserté.
Je me remémore tous les livres d'Asie, Je convoque les viatiques qui furent miens, Les aventureuses sagesses où je puisais Et le chemins non balisés vers les vallées secrètes.
Qu'en est-il de cette errance que je voulais souveraine ? Qu'en est-il du divin éveillé En nous ici et maintenant ? Qu'en est-il De nos exploits en ce jour de débâcle ? (Graziella)
Je suis piégé comme un écorché vif. C'est tout le corps qui s'est mis à crier, Toute cette surface de moi qui n'a plus rien A recouvrir, plus rien à préserver.
Au-dedans au dehors la blessure est sans lèvres, sans repères, Comme la mémoire où je sombre n'a ni centre ni surplomb. (Graziella) _________________

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