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Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire

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Bluma
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MessageSujet: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Dim 20 Juil 2008 - 19:27

Avant de poster le moindre message sur ce topic que je viens d'ouvrir, je fais une demande à chacun de vous. Respectez cet endroit.
Certains me connaissent, d'autres apprendront à me connaître, je délire facilement mais là, je tiens au respect de cet espace en mémoire de mon petit Paul.
Si vous voulez poster des poèmes qui ne vous appartiennent pas, je vous demanderai de mettre le nom de l'auteur.
Merci à vous tous.

Deux photos de petit Paul que j'aime bien pour ouvrir cet espace.


Il aimait le manège et je me faisais toujours avoir


Prêt à faire une bêtise
_________________


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Bluma
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Dim 20 Juil 2008 - 19:56

Le premier écrit est déjà sur le forum, j'avais demandé à notre mamouna de le poster pour moi avant de partir pour Dubaï mais je veux qu'il inaugure cet espace pour mon Babinou

Paul, mon babinou
C'était un 8 juin…un magnifique début de soirée encore doux. Cette soirée où un conducteur ivre t’a enlevé la vie. Comment réagir devant cette imminente réalité qui vous arrive comme un déluge ? Comme une tempête à laquelle on ne s'est pas préparée ? Des pleurs, des rires, des tremblements, des sueurs froides qui se veulent un langage bien différent dans cette dimension qu'est la mort. Un monde complètement hors de notre monde, l'instant de dire adieu. Quelques heures devenues un instant, un moment si intense, si douloureux que l'on doit vivre au maximum, parce qu’il ne reviendra plus jamais, non jamais. Une mince consolation m'atteint à peine, il n'aura pas à subir des semaines de martyr.
Sous le choc de cet accident, dans un état comateux, mon corps et mon esprit hurlent d'avoir mal. Mais ce n'est rien devant ce que Paul subit en silence. Ce n'est rien devant cette misère de le voir partir si tôt.
L'histoire ne se déroule pas dans le bon ordre. Même pas le temps d'avoir cette rage folle contre Dieu, contre les hommes, contre ce chauffard hébété qui vient de faucher sur le trottoir, Marianne, Manon et Paul, contre nous-mêmes, juste le temps d'expédier tout l'amour d'une vie par courrier express. Savourer la chance de pouvoir tenir mon fils une dernière fois contre mon coeur, de regarder ses traits et de supplier ma mémoire de les garder intacts à jamais, de garder cette douce odeur pour les jours où aucune de mes respirations ne m’oxygénera plus. Lui dire des mots qu'il entend encore, j'en suis sûre, des mots qui voudront dire toujours, mon petit amour, juste des souvenirs de velours.
L'envie de prélever un infime morceau de sa personne, une mèche de cheveux. Mais non, je ne peux pas, laissons-lui sa dignité. On ne peut rien garder, sinon, cette blancheur translucide de sa peau, ce sourire, cette expression de paix, ce halo de lumière autour de nous, je venais de l'accompagner vers la lumière. Je t’ai recouché sur le brancard, où le soleil brillait à tout jamais pour toi maintenant.
Et Paul va dorénavant m'accompagner toute ma vie durant vers ma lumière à moi, celle de l'amour infini, de l'amour de la vie…

Paul : 22 juin 2006 – 8 juin 2008
Marianne : 1er mars 1982 – 8 juin 2008
Manon : 4 juillet 2006 – 8 juin 2008


Tristesse
Je n’ai jamais fini d’égrener mes premières fois sans toi. Je voudrais retrouver la couleur et le goût des choses, fuir les trops longues nuits où tout l’espoir du monde ne sait plus retenir l’oubli de ton visage, les matins de révolte quand le cœur désarmé, infidèle mémoire, pleure ta mort.
Comme en réminiscence d’un passé sans mémoire ou la prémonition d’un futur sans départ, comme l’ébauche effleurée d’un présent sans histoire, je me suis approchée de moi.
J’ai vu
Des yeux qui regardaient le bleu du ciel,
Et le vert du printemps et la cime d’un arbre,
Et qui ne savaient plus que le beau est beau.
J’ai vu
Des lèvres où le cœur laissait naître un sourire,
Et qui pouvaient dire « j’aime » ou « c’est bon »,
Mais qui ne savaient plus ni l’amour ni la joie.
J’ai rencontré
Mon âme funambule au fil de la rupture,
J’attendais, j’allais ouvrir les yeux,
Je pousserais la porte.
J’ai croisé
Une étoile filante, toute mon impatience,
Tu serais là, à mes pieds tu déposerais l’attente
Et tu libérerais le souffle qui me manque.
Mais qu’ai-je donc à attendre ?
C’est toi qui m’attend.
Tu m’as mise en marche en mes renoncements, mes passages quotidiens pour quitter ce monde, m’arracher en blessures à la douceur des choses et m’ouvrir dans les larmes à la douceur du ciel.
Tu m’as devancé et tu est devenu la Route.
A moi de poursuivre le voyage.
En marche, chaque pas me rapproche de toi, mon babinou.
Tu es là.
Et tu ouvres mes yeux au regard de l’âme, tu éveilles mon oreille au chant du monde intérieur et tu donnes à mes mains d’effleurer l’impalpable.
Je sais tous ces chemins en leurs aspérités, lutte à reprendre chaque matin, tous les pas de la veille sont à reconquérir, tous les progrès d’un jour sont à réinventer.
Mais tu me guides.
Tous les gestes dont je ponctuais mon amour pour toi sont devenus signes du cœur.
Mais je sais que jamais je ne pourrais métamorphoser en force vive ton absence, ce désert informe et stérile, ce néant sans fond.
Pourtant, je sens ta présence au plus profond de ma nuit,
Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais engendrée de ma vie en errance,
Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais révélé à mon cœur qui l’accueille,
Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais en partance bien au devant de moi
Mon petit Paul, nul autre que lui-même à jamais dans mon cœur malheureux.
(Graziella)
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Dernière édition par Bluma le Dim 20 Juil 2008 - 21:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Dim 20 Juil 2008 - 21:08

Epaule de plomb
Paume légère,

Comme si j'avais porté ton cercueil
et caressé ton corps de cendre.

Une nuit de chacals aux yeux rouges
Couvre la source de mes nuits.

Tu me condamnes à n'être plus
Que par défi, indomptable

Dis-tu, irréductible et pure,
Mais sans rien à maudire.
(Graziella)


A l'infini
Là-haut, tu es. Là-haut quoi qu'il advienne,
Bébé-soleil d'un miracle à jamais
Que rien ne sépare de la pure lumière
ni du souffle ascendant de mon amour pour toi.

A une autre altitude. Tu es là, hors d'atteinte,
hors du monde où meurent les corps.
Tu danses sur l'horizon que je porte en moi
pour abolir l'espace et le temps. Tu vis à l'infini.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Dim 20 Juil 2008 - 21:23

La lumière qui me blesse n'est que l'ombre de toi
Quelque tendresse que j'y mette, et même une fervente douceur, je me heurte sans cesse à ta présence désincarnée, à ta présence qui force les prodiges, déchaîne les images, multiplie les éclats.
Comment croire que tu me guettes, que tu m'escortes, que tu te joues d'un réel qui sans toi serait moins qu'une chimère ? Comment céder à ce miracle de toi qui peuple les rues de tournesols, pose un papillon sur mon épaule et fait merveille à contre-mort ?

J'écris dans ce désert de toi qui ne peut se traverser. Il est sans oasis, sans horizon, et la terre et le ciel semblent un seul brouillard de sable.
J'avance là, aux aguets, en incrédule qui ne sait comment, sans déraisonner, surprendre, recenser, déchiffrer message sur message. J'avance là, mains ouvertes, en aveugle qui ne sait comment accueillir les visions et les signes.

Dans l'extatique présent qui se tient devant moi, sans reculer jamais, je capte ce qui me déporte, protège ce qui laisse mon esprit à l'abandon mais réussit étrangement à m'éclaircir le coeur. Je participe à cette ronde effarée qui contredit les équilibres passés et les convictions arrimées.
Que ton rire dérègle un peu, beaucoup, passionnément la mécanique des sphères, l'ordre des saisons, les moeurs des poissons-lunes, comment cela n'est-il pas encore manifeste ni scientifiquement prouvé ? Et que ton départ a ouvert, à échelle humaine, une interminable ère glaciaire ?
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Lun 21 Juil 2008 - 14:08

Entre visions et reflets
Ombre où mes mains nues
Cherchent tous tes reflets

(Paul Eluard)

Entre visions et reflets, mon petit amour,
Je prends l'empreinte de tes yeux,
le cristal de ton corps jeté dans la lumière.
Je pars nous mettre à l'abri de ce temps.

Où cacher un miracle qui ressemble à un meurtre,
Une beauté sauvage qui a changé le signe
de la liberté en sombre sauvagerie ?
Où renaître au bleu fou qui dit l'éternité ?

Il y a je le sais, des traces sur le vide,
Des blessures qui dessinent le chaos de mon coeur.
Je suis au Labyrinthe où je me suis perdue
En rêvant de me perdre sans retour avec toi.

Il y a je le sens, un double du royaume
Dont on ne revient plus tout à fait mort,
Tout à fait seul ni tout à fait vivant,
Un miroir aveuglant que tu enlaces en dérivant.

Je te veux dans mes bras comme au ciel,
Je te veux à tous les échos essouflés,
Je te veux à bout portant accordés,
Je te veux avec moi dans un néant solaire.

Sous les sables parfois on caresse des roses,
Des fougères qui furent fascinées par le vent
Et des feuilles pareilles à de vieux talismans
Que j'écoute me dire où mordre ta poussière.

Tu es partout dans le présent secret,
Chaque instant te voit aux invisibles portes
Car tu viens désormais du cinquième horizon
Escorté en plein jour par un rayon de lune.

Et ton visage est aux creux de mes mains,
Je le presse si fort sur mon propre visage
Que je traverse monts et désastres, ruines et glaciers
Jusqu'à toucher encore cette merveille de toi.

Entre visions et reflets, mon petit amour.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Mar 22 Juil 2008 - 13:44

Blasons

Il y a
Un poinçon dans ta bouche
Un envol dans tes yeux
Un fauve dans tes cheveux
Un soleil contre tes dents

Il y a
Un nuage à ton cou
Un lac sur tes épaules
Des silex sous tes doigts
Un signe sur ta poitrine.

Il y a
Le rire de l'au-delà des peurs
le rapt des fables oubliées
Le défi d'un désordre à vif
Le malheur d'un été foudroyé.

Il y a
Des brassées d'étoiles dans mes bras
Des poignées de rêves dans mes poings
Des passages déroutés dans mes pas
Des cris de douleur dans mon âme.

Je suis tendresse dépossédée
Je suis fureur en jachère
Je suis ce poète tout à toi

Et que tu n'entends pas
Et qui ne s'entend plus avec sa voix
Qui veut rendre gorge.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Mar 22 Juil 2008 - 16:03

Le brasier des limbes

Est-ce le monde
Qui part en fumée
Ou son fantôme ?

Il n'y a plus pierre sur pierre
Ton petit corps contre moi
Ni linceul de sable,
Terre vannée à tous vents.

Qui s'ingénie
A resssusciter le feu
Alors qu'il ne me reste
Que l'envers de la flamme ?

Le brasier des limbes
Brûle maintenant du bitume
Et du sang

L'eau ne dort plus
Depuis que la source chante
ses berceuses d'insomnie.

L'air pulse de la peur
jusqu'au bivouac
des âmes mortes.

La terre lave ses plaies
Et ses monstres
Sous une pluie de sel.

Le miroir est en feu
Comme le labyrinthe des signes
où je te cherche.

Au royaume des ombres
On bat le tambour avec des larmes.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Mer 23 Juil 2008 - 14:37

Quand je te parle maintenant, à mi-chemin des murmures et des songes, je me demande en quelle langue j'improvise. A peine des mots, un sens qui passe entre deux sons comme deux eaux, suite sans repos, envoûtement sombre, continuum d'un chant brisé qui ne peut s'empêcher de chanter.
Toujours paroles en deça des lèvres, vocalises du dedans, rumeurs où ta voix monte à l'assaut de la mienne seule. De cette voix égarée, démunie, aussi inutile qu'une mélopée de forçat.

Tu me pousses à fuir les angles morts de la planète et la complaisance des pleurs. Je te réponds que si je n'ai pas le goût des lamentations, j'entends me montrer digne de ce que je nomme la déploration de midi, afin de forger coûte que coûte une douleur verticale avec un peu de haut soleil.
C'est évidemment à Garcia Lorca que je pense, à son Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias. J'en transmue de brèves séquences, et te rejoins en ce parler d'Andalousie avec lequel il m'arrivait de communiquer avec toi.
Tardara macho tiempo en nacer, si no es milagro
Un hombre tan clara, tan rica de aventuras.

(De longtemps ne naîtra, si ce n'est par miracle,
un homme si clair, si riche d'aventures.)

L'avenir Federico le neutralise simplement en plus tard, sans ignorer pourtant cette zone incertaine qui, mystérieusement, oblige : ce legs de presque rien que nous ferons à plus démuni que nous..
Car le futur, où sans être tu as toute la place, est devenu le roi-mendiant d'un apologue que je laisse sans morale. Regard éteint, tête haute, c'est ainsi qu'il va, marchant sur son ombre et suivant ton fanal. Debout par entêtement, debout sans plus se poser de questions, à la fois suzerain et vassal de l'éclipses où tu danses.

Avec toi pas le temps de fixer des vertiges. Ta vie si brève est une oeuvre-vertige et la mienne l'écho de l'arme qui t'a foudroyé. Je suis dans le sans-fin qui veut et qui ne veut pas finir. Dans l'harmonie qui veut et ne veut pas blesser. Dans le poème qui veut et qui ne veut pas crier.
J'appartiens à chacun de mes instants avec toi, à chacun de mes gestes affectueux pour toi. J'appartiens aux strophes qui ont trouvé ton souffle et en un éclair m'ont pareil aux dieux. Comme Holderlin, je jure qu'il n'en fallait pas davantage.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Ven 25 Juil 2008 - 14:44

Menton

Si loin si proche
Dans un envol de bitume
Et de verre éclaté
Par syncope du destin
La vie entrevue et perdue.
(Graziella)

Sable et cendre

Les jours dérivent,
Mais ne peuvent rien
Contre le refuge hors
Du temps où tu es.

Les chiffres tombent
Des calendriers, en ordre,
Tic-tac mesuré de ce qui
Reste sans mesure

Je vole chaque instant
Grain à grain
Au sablier, mes mains
Se couvrent de cendres.

A l'épaule ce matin
Le soleil me transperce.
Je saigne de la lumière
Depuis que tu m'es passé

Dans le sang.
(Graziella)

Où aller

Plus de voyages avec toi,
Je creuse ton départ
Et le grand vide en moi
qui tue l'éclat du vide.

Avec au coeur
Cet accident
qui saccage un à un
les bivouacs de ma vie.
(Graziella)

Prière sans objet

Nulle icône chez moi
Pour écouter, grave et triste,
A ma place.

Mais je vis de la même attente vaine
Que cette femme qui implore
Le retour d'un fils
déjà tué par la tempête,
Dans un poème de Cavafis.

Mais je vis de la même illusion
Que cette figure peinte en rêve
Et qui sait sans retour,
Grave et triste, à ma place.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Sam 26 Juil 2008 - 20:05

Pour une nouvelle cantate

Tu es dans le temps arrêté
Etoile immortelle
De mon ciel qui se meurt.
(Graziella)

Soudain

Bel enfant
Intact
Comme éternel

Tant que se lève
Ton linceul de lumière.
(Graziella)

A l'impossible

Là-bas (deux petits mots avec leur trait d'union entre les lignes de fuite)
Comme un aimant qui attire la poussière de l'or du temps...

Là-bas (plus magique que le nom mêlé de songes d'une ville inconnue)
Comme un appel impérieux qui n'appelle rien ni personne...

Là-bas (autant que possible sur les routes que j'invente pour m'en remettre à l'impossible)
Avec toi mon Babinou.
(Graziella)

Bleu

Allié de toujours le soleil me blesse. Trop porté au triomphe, trop glorieux. Il me jette dans un jour qui m'accable.

Je lève les yeux, m'accroche aux nuages qui glissent avec une sorte de tendresse. L'azur alentour n'est d'aucun secours. Je cherche jusqu'à me perdre ce que j'appelle ton petit coeur de ciel.
(Graziella)

Coda

Vertige et danse
Aux longs des nuits

Où est ton petit corps
Qui se déchaine
Avec le feu

Promesse peut-être
Clouée au coeur
De ta présence.

Je ne sais plus
Si ça m'écorche
Ou m'éblouit

Pour ma tendresse
De loin risquée
Jamais éteinte.

Aux longs des nuits
Vertige et danse.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Mer 30 Juil 2008 - 15:34

Chaque jour je rends grâce à cet amour qui m'envahit, qui d'un même élan m'exile et me sauve. Rien ne lui échappe : aucun lieu, aucun être, aucun sentiment, aucun projet, aucune création.
Prisonnière sur parole qui ne fait plus la part de la chance ni celle de la malédiction, j'explore une commotion féroce que je n'entends pas apprivoiser. Je garde la rage au coeur. Je vais sans doute, l'âme à l'envers.

Quand je ne pense pas à toi, je pense à toi. Quand je parle d'autre chose, je parle de toi. Quand je marche au hasard, j'avance vers toi.
Je quitte les livres où tu n'entres pas. Je jette les poèmes qui ne trouvent pas tes lèvres. J'efface les tableaux qui n'attirent pas tes yeux. J'éteins les chansons qui n'éveillent pas ta voix.

Et que dire de la détresse qui me balaie en traître au seul mot d'accident dans un bulletin d'information ?

Fatalement, je transfigure tout ce que j'aime : les complaintes, les ballades, les mélodies. Je change les intrigues, imite les accents, maquille les décors, piège les répliques, congédie les héros. Jusqu'à improviser en des langues que je ne comprends pas, sur des scènes que je ne connais pas, sous un ciel qui n'existe pas.
Que ça m'appartienne ou non, je t'offre ce qui a été créé de plus sublime, de plus sauvage, de plus magnifiquement accordé à ton image. Le jour de ta naissance, je t'ai dit : Tu es un enfant de partout, et tu es partout, et tu es toujours, et tu es mon petit amour.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Sam 2 Aoû 2008 - 12:48

En la saison d'absence

Il n'est pas de fleurs
Pas de pierres
Pas de ciels
Où je t'ai cherché

Il n'est pas d'océans
Pas de déserts
Pas d'horizons
Où je ne t'ai rêvé

Il n'est pas de ville
Pas de cercles
Pas de limbes
Dont je ne t'ai délivré

Fils de l'éclair
Et du temps balafré
Tu signes avec du sable
Les gouffres de mes nuits

Nous avons marché
Si légers sur des ombres
Qu'il reste à peine trace
De nos pattes d'oiseau

La feuille
Est une fenêtre close
Qui chaque jour voit le jour
Où monstrueusement tu n'es pas

Combien en ai-je écrit
De ces versets du vide
Qui chantent le néant
Avant que tu y sois ?

A la croisée des mondes
Je veux être qui sait
Le guetteur de ton pas
Où l'écho de ta voix

Dans le ciel ce qui passe
Ne passe pas pour moi
Le chemin des nuages blancs
Ne monte que vers toi

Derrière les persiennes
Tu ne dors ni ne veilles
Tu t'effaces et je rôde
En la saison d'absence

Sur le murs les entailles
N'appellent nulle échappée
Nulle remise de peine
Je ne les compte pas

Chaque jour en silence
Au couteau de l'aube
Au poignard du midi
Je redis que je t'aime

Chaque nuit désinvestie
de sommeil et de songe
Je jette à la trappe comme à la mer
Des poèmes pour toi, mon Babinou

Etoiles et cendres mêlées
Le tourbillon qui se lève
Devient migration froide
Tourmente de mes tourments

A mains nues je vais
Protéger ce qui s'évade
Escorter encore moins
Que la buée de ton départ

C'est presque rien en vérité
Une nuée d'éphémères
Déjà noyées
Au fond d'un puits

J'ai remis mon coeur en place
Il n'y a pas de quoi supplier
Je retournerais voir le lieu face à face
Où l'avenir n'aura pas lieu

De partout naissent des signes
Que faire de ces prophéties
Qui n'enchantent que la chair
D'une promesse saignée à blanc ?

Autour d'un éventail
Un vol de papillons
Une ronde innocente
A force d'être cruelle

Soupirs et pleurs
Spectres semés à la volée
J'ai peuplé l'hébétude
De tournesols qui n'existent pas

Par-delà l'espace et le temps
Contre toute raison et tout sens
il est plus de vingt vaisseaux ruinés
Qui semblent en partance

Est-ce un regard ou une barque ?
Qui peut voyager dans tes yeux ?
Descendre un fleuve de terre
en se croyant passager

Par-dela cet amour massacré
J'invente un amour insensé
Où il se peut que sans honte
Je vive dans ta lumière.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Ven 15 Aoû 2008 - 9:37

Amour et Poésie

Tu es la voix
Qui répond à ma voix,
Sans elle aucun poème
ne peux fasciner l'écho
qui mèle mes pleurs
à la poussière des siècles

Tu es celui
Avec qui je vais
Mot à mot accolé
donner corps à notre chant,
Prendre vie et mesurer
La démesure inaltérable
D'une magie mortelle
Qui ne peut pas mourir.
(Graziella)
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Ven 15 Aoû 2008 - 9:55

Je chante mon amour de l'autre rive
Comme un troubadour dément
Qui ne rend pas les armes au temps
Ni sa raison au goût de vivre.

Il est des voix dans ma mémoire
Jamais entendue jusqu'ici
Avec l'intensité du cri
perçant à jour toute l'histoire;

Mon enfant de l'amour extrême
Qu'aucune mort ne sépare
Tant que je te donnerai des poèmes...

Et je me refuse à ces lois
Qui voudraient que se sépare
Ton absence par l'oubli de toi.
(Graziella)


J'ai le coeur dévasté,
C'est l'hiver en été, le soleil
Dans les glaces, mes lèvres
qui ne peuvent plus te donner de bisous

Le noir jusqu'au fond du ciel
Le noir jusqu'au fond de l'aube,
Le noir jusqu'au fond de mes os,
Le noir d'un oeil piétiné.
(Graziella)


Rien n'est éloigné de nos songes,
Rien n'est trop fort à nos désirs
Rien ne peut faire que l'on renonce
A ce qu'il y a d'absolu sous nos pas.

Tu es le dieu de mes emportements,
Famine qui me dévore, tu es l'orgueil
de cette course à jamais déroutée.
Je veux mourir de mort violente.
(Graziella)


Par son amour, je vis.
Je sais qu'il ne s'est pas perdu
Corps et biens dans l'oubli. Je sais
Qu'il m'impose une autre vie.

Pas une éternité peut-être
Mais une clarière dans le plein jour,
Mais un destin à fleur d'étoile,
Mais de la rosée sous les pierres.

Ce n'est pas croyance que tout ça,
Juste un oracle à bouche humaine...
Connaissez ma passion :
Je n'ai jamais autant aimé un enfant.
(Graziella)
_________________


L'amour est la goutte d'eau qui redonne la force à une fleur flétrie de se relever.


Dernière édition par Bluma le Ven 15 Aoû 2008 - 10:10, édité 1 fois
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Bluma
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MessageSujet: Re: Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire   Ven 15 Aoû 2008 - 10:08

Je veux faire l'escalade au plus direct,
sans messager ; et aller au sommet où tu es.
Arriver dans l'axe du soleil de midi
pour ne pas répudier mon ombre.

Monter lentement de saison en saison,
Monter à l'assaut de plus que moi,
Monter pour accomplir le pacte,
Monter sans idée de retour.

Mon petit Paul
Je tente loyalement l'impossible.
(Graziella)


Je sais que c'est ta force
Qui me jette vers le haut,
Qui m'interdit de céder,
Qui me souffle dans le coeur.

Les mots de mes poèmes
sont des mantras de toi,
des halètements qui me portent
et qui te lient à l'inouï.
(Graziella)


Quand, en un seul jour, tout se fracasse et se brise,
Il faudrait trouver son élan dans la défaite
Autant que dans la conquête. Il faudrait pouvoir
Partir à la suite d'un nuage dans un ciel déserté.

Je me remémore tous les livres d'Asie,
Je convoque les viatiques qui furent miens,
Les aventureuses sagesses où je puisais
Et le chemins non balisés vers les vallées secrètes.

Qu'en est-il de cette errance que je voulais
souveraine ? Qu'en est-il du divin éveillé
En nous ici et maintenant ? Qu'en est-il
De nos exploits en ce jour de débâcle ?
(Graziella)


Je suis piégé comme un écorché vif.
C'est tout le corps qui s'est mis à crier,
Toute cette surface de moi qui n'a plus rien
A recouvrir, plus rien à préserver.

Au-dedans au dehors la blessure
est sans lèvres, sans repères,
Comme la mémoire où je sombre
n'a ni centre ni surplomb.
(Graziella)
_________________


L'amour est la goutte d'eau qui redonne la force à une fleur flétrie de se relever.
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Pour toi mon Babinou, tout ce que je veux encore te dire

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